Test – AO International Tennis, la déception

Je vais évacuer tout de suite la question que tout le monde se pose : nous ne verrons jamais un descendant de Top Spin sur Xbox. D’une part, on ne retrouvera pas le même contexte de jeu qu’à l’époque et d’autre part, ce n’est pas ce qu’on demande aux productions à venir. C’est le titre de Big Ant Studios qui ouvre le bal et je me débarrasse de tout préavis par rapport à ce que j’ai pu entendre sur AO International Tennis. En guise d’introduction, je vous dirais simplement que j’ai été heureux de pouvoir relancer un jeu de tennis et qu’après avoir pratiqué mon jeu de fond de court sur tous les modes, c’est enfin l’heure du bilan.

Je lance et ça m'a l'air complet tout cela ! Illusion.

Un manque cruel de contenu.

Avant de devenir AO International Tennis, le titre se nommait AO Tennis et cela se ressent. AO pour Australian Open, le seul tournoi du grand chelem sous licence officielle. Vous trouverez bien les trois autres mais sous des noms différents et aussi simples que Paris, Londres et New York. Une méthode digne de PES mais cela n’est pas vraiment sans conséquence puisque finalement les quatre surfaces sont présentes.

C’est essentiellement au niveau de la base de données des joueurs ATP que le problème se situe. Chez les hommes, seul Nadal fait office de plat principal car je m’excuse auprès de Goffin ou Isner mais leurs noms ne parleront pas forcément au grand public. Côté féminin, AO International Tennis (que j’abrègerais désormais AOT) s’en sort mieux avec Kerber, Pliskova ou encore Caroline Garcia. Le fan de la balle jaune que je suis fût légèrement déçu de ne pas voir d’autres grands noms mais bon, on se fait une raison. Sachez tout de même que le concurrent direct fera mieux de ce côté-là.

En termes de modes de jeux, le gros morceau est constitué par la Carrière puisque la composante Online est terriblement décevante. Des simples matchs et un système de classements en fonction de votre ratio de victoires, c’est tout. Quid de la possibilité des tournois ? Des saisons ? Ou d’autres modes qui auraient pu sortir de l’ordinaire (celui qui a pensé Battle Royale quitte immédiatement le site). Un autre problème plus grave affecte l’Online mais j’y reviendrais en temps voulu. Il vous reste la possibilité de participer à l’Open d’Australie, de créer vos tournois contre l’IA ou les matchs classiques d’exhibition.

Devenir numéro 1 mondial en Carrière reste un objectif intéressant !

La force du jeu : création et personnalisation.

Que ce soit des stades, des logos, ou bien entendu des joueurs, les différents outils d’édition sont tout simplement excellents. Concernant vos joueurs, cela passe par l’Académie qui vous offre la possibilité de créer de A à Z le joueur de vos rêves : morphologie, identité et statistiques. Tout y est. Par contre je suis pas fan de ce pouvoir divin accordé à tout le monde de mettre 99 dans toutes les statistiques (vous le sentez venir le gros point noir du online ?) puisque vous n’aurez aucun plaisir à faire évoluer vos joueurs.

AOT est très axé communauté et il est possible de partager / télécharger une quantité assez folle de joueurs. Les outils de création sont d’ailleurs tellement puissants que nous trouvons déjà des avatars de Djokovic, Federer ou Serena Williams ainsi que des légendes de la discipline. Il est très facile d’obtenir des joueurs fidèlement modélisés et avec des statistiques adéquates via un système de filtres. On peut ainsi intégrer l’ensemble des têtes d’affiche de l’ATP dans tous les modes de jeu. Un aspect qui sera en mesure de combler le vide intersidéral du casting de stars.

Federer ne fait pas partie du contenu du jeu, et pourtant ! La puissance des outils de création résumée en une seule capture.

Tout le monde dégaine son 6 coups !

AOT ne révolutionne pas la façon dont on joue au tennis avec la présence de toute la palette de coups : coup droit, slice, lift, lob, amorti et coup puissant. Complet mais trop lisse car le gameplay se révèle arcade tout en étant figé. Les coups sont bien trop faciles à sortir une fois qu’on comprend qu’il faut gérer à la fois le timing et le placement de la balle en déplaçant un curseur. Au début de ma Carrière, j’avais de la peine à me concentrer à la fois sur ma jauge de timing (située sur notre personnage) et le curseur (situé dans la moitié de terrain adverse) mais une fois que les timings sont maîtrisés, on peut se concentrer exclusivement sur le placement de la balle. J’ai trouvé que les coups étaient terriblement faciles à sortir ! Il vous suffira de voir une séquence de gameplay pour voir que j’enchaîne les coups sans problème. Il est tout à fait possible d’enchaîner les amortis sur le service adverse. Tout cela est dû au fait qu’AOT ne gère pas du tout le placement du joueur pour effectuer un coup. Bien entendu il ne faut pas se retrouver à l’autre bout du terrain pour faire un tir automatiquement mais j’ai trouvé le jeu bien trop permissif de ce point de vue. AOT est trop facile et manque clairement de challenge.

C’est dommage car les animations des joueurs sont franchement réussies et les sensations sont là. Il vous faudra booster un minimum la difficulté pour ne pas vous ennuyer ferme dans AOT.

J’en viens maintenant à un autre aspect négatif par rapport aux coups : le manque de variété dans le jeu des adversaires. Que ce soit Nadal, Kerber ou Robin des bois créé par xxLasagne92xx, j’ai toujours eu le sentiment d’avoir à affronter le même adversaire. Les IA utilisent toujours les mêmes techniques et abuseront de certains enchaînements dans les modes de difficulté les plus élevées, notamment le service / amorti. Ainsi, AOT devient vite redondant. Oui le titre vous fera passer un agréable moment le temps d’un ou deux matchs puis vous retournerez sur un autre jeu. Le titre de Big Ant Studios se veut divertissant mais pas assez profond pour qu’on y passe plusieurs heures d’affilée en se disant : j’arrive en finale, ça va être épique ! Pour tout dire, j’ai vite paramétré ma partie pour jouer les matchs en un seul et unique set de 6 jeux…

Quatre petits cailloux dans la chaussure.

Il y a quatre aspects que j’ai remarqué qui m’ont paru totalement incohérents. Le mode Carrière est vraiment réussi et vous fera voyager sur de nombreux tournois allant des Futures aux Grands Chelems mais en partie rapide vous n’aurez la possibilité que d’organiser des matchs sur ces derniers. Je chipote peut-être mais pourquoi proposer des dizaines de terrains différents si dans le mode Exhibition on se retrouve avec 4 courts ? C’est dommage.

Ceci me permet d’en venir au deuxième aspect : les surfaces. Big Ant Studios assure le service minimum et les différences entre les quatre surfaces sont vraiment minces, pour ne pas dire imperceptibles. Certes votre joueur fera une glissade sur terre battue mais la trajectoire de la balle et les rebonds ne sont finalement pas bien adaptés aux surfaces.

Je vous parlais de la présence d’une jauge de timing (symbolisée par un point qui passe du rouge au vert) située sur votre joueur et d’un point de placement qui permet de voir où ira la balle. Parfois, ce viseur affiche également le timing, c’est-à-dire qu’il indique la qualité de votre timing avec une couleur, ce qui permet de se concentrer uniquement sur ce dernier. Mais dans la majorité des cas, ce dernier n’indique rien et reste désespérément blanc. Plus un bug qu’une incohérence, cela a eu le don de m’agacer au plus haut point.

J’en viens désormais au Online et ça va piquer. Pour moi, ce mode n’a strictement aucun intérêt à partir du moment où vous avez la possibilité d’aller disputer un match avec un joueur créé de toutes pièces qui a 99 dans tous les attributs. Sur l’ensemble des parties que j’ai faites en Online, je dirais que dans 50% des cas les joueurs s’adaptent au niveau général du joueur que vous choisissez et qui du coup ont une attitude plutôt fair. Il y a également un autre problème : entre chaque point, un écran, où les deux joueurs attendent sans la balle, s’affiche et dure une petite seconde avant que le jeu affiche le joueur ayant le service. Sur des matchs de cinq sets, je vous laisse faire le calcul de la perte de temps incroyable.

Pouvoir prendre un joueur créé avec 99 de partout en online : non.

Superficiel mais quand même agréable.

Mes propos peuvent paraître sans appel depuis le début de ce test mais AO International Tennis dispose tout de même de quelques bons points qu’il faut souligner au-delà de ma déception d’avoir eu affaire à un titre qui se veut superficiel dans ses mécaniques et son contenu. Le mode Carrière se révèle intéressant puisqu’il vous propose de partir en quête du top 1 ATP en remportant tous les types de tournois présents sur le circuit et en développant les aptitudes de votre joueur.

La réalisation est correcte avec des modélisations assez fidèles et le support de la 4K Ultra HD ainsi que sur HDR sur Xbox One X. Je note également la qualité des replays qui sont bien réalisés. L’ambiance est assurée par le public qui réagit en fonction de l’intensité des échanges et de la variété des coups que vous proposerez. Il est possible de challenger trois fois par match les décisions de l’arbitre ce qui renforce l’immersion. Enfin, l’opportunité de jouer jusqu’à 4 joueurs en local rajoute un capital fun au titre puisque l’exercice se révèle appréciable pour des soirées entre potes.

L'ambiance n'est pas folle mais cela reste honnête.

Conclusion

AO International Tennis n’est pas un mauvais jeu de tennis car il offre de bonnes sensations et vous offre la possibilité de devenir numéro 1 mondial dans un mode Carrière sympathique. Cependant, l’ensemble se révèle trop lisse, trop superficiel, pour que les véritables fans de tennis voient dans le titre de Big Ant Studios un titre sur lequel ils vont vibrer en montant au filet ou en assénant des coups puissants en fond de court. Il faut retenir d’AO International Tennis un jeu qui mise sur ses outils de création pour assurer du contenu créé par une communauté déjà très active, un gameplay basique et trop accessible, ainsi qu’une redondance qui pointe bien trop vite le bout de son nez. Big Ant Studios a selon moi oublié de peaufiner de nombreux détails qui font que ma déception n’a d’égale que l’attente que j’avais d’avoir entre les mains un jeu de tennis me procurant un plaisir intense de jeu.

+ Les plus

  • Le mode Carrière
  • De bonnes sensations
  • Un gameplay basé sur le timing
  • Les outils de création

- Les moins

  • Les matchs et joueurs se ressemblent trop
  • La tristesse du mode Online
  • Des coups trop faciles à sortir
  • L'absence d'intensité dans les rencontres
5

Je suis tombé dans la marmite Xbox en 2003 et depuis je n'ai plus besoin de potion magique pour m'intéresser à tous les jeux qui sortent sur ces belles machines au fil des années. Je suis accessoirement un PGM en mousse.

3

  1. Très bon test Tinou. Et mon sentiment rejoint pas mal de tes avis comme l’IA des joueurs qui est soporifiquement identique, le mode online sans intérêt, un manque léger de pêche sur certains coups.Il lui reste donc un gameplay sympathique et un outil de création salvateur.
    J’ai pas trop compris ton introduction avec Top Spin et son contexte mais bon :D c’est pas grave ;)

    • J’associe toujours la découverte d’un jeu à un environnement de jeu (époque, contexte, etc). Et même si un Top Spin venait à être rétro ou quoi, je suis pas sûr de retrouver le même état d’esprit que lorsque j’avais découvert les différents opus de la série. C’était un brin trop réfléchi j’en conviens :D

    • Ou un poil trop personnel .
      Faire un jeu de tennis aussi fort que Top Spin c’est largement possible. Après il faut pas attendre 7 ans pour en sortir 2 avec un budget qui laissait entendre que ça serait compliqué. C’est sur que le jeu de Tennis c’est pas un FIFA ou un NBA2K niveau vente mais mon dieu quoi. Les ingrédients d’un bon jeu de tennis style simu ne sont pourtant pas inconnus.. bref..je m’égare

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