Test – Big Pharma, attention aux effets secondaires

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Alors que la revue Prescrire vient de sortir la liste des 105 médicaments à éviter, il est temps de combler le vide en produisant toujours plus de coupe-faim et de pilules contre les troubles de l’érection. Découvrons l’univers des laboratoires pharmaceutiques à travers ce jeu de gestion, un genre qui peut être un pari risqué sur console.

Big Pharma - aperçu de la productionLe sale goût, c’est pour pas confondre avec les bonbons

Comme son nom l’indique, dans Big Pharma il est question de jouer au gros chien de capitaliste sans scrupules en manufacturant des tonnes de médicaments qu’on pourra vendre à prix d’or. Chaque jeu a une phase d’apprentissage plus ou moins longue. Big Pharma nous permet ainsi de commencer par un didacticiel commençant sur une salle vide qu’il faut équiper pour pouvoir lancer la production. Pour seule explication, une fenêtre s’ouvre et nous donne toutes les instructions. C’est aussi convivial que la lecture d’une notice de médicament. D’autant plus que des espaces entre les mots et des apostrophes se sont parfois perdus dans la traduction. Il aurait été tellement moins lourd d’expliquer le processus en mettant les éléments en évidence à l’écran (par une flèche, en surbrillance), étape par étape. J’ai ainsi passé 2 heures à faire le didacticiel. Youpiii !

Autre point négatif, chaque composant, ainsi que chaque machine, dispose d’une fiche divisée en trois volets alors que tout pourrait tenir sur un seul. Et alors me direz-vous ? Et alors, le défilement se fait de manière automatique sans qu’on n’ait aucun contrôle dessus. Est-ce par amour du scrolling ou par ce qu’il a été jugé que les joueurs étaient trop stupides pour faire défiler eux-mêmes ? Je ne sais pas. Toujours est-il qu’on a à peine le temps de lire.

Big Pharma - liste de composantsLa star c’est le produit

Notre but est de construire des unités de production de différents niveaux de complexité. On peut simplement mettre un principe actif en gélule. On peut le faire passer par plusieurs phases pour lui donner de nouvelles propriétés. Il est également possible de combiner plusieurs éléments pour ajouter d’autres effets. Plus le processus est complexe, plus le médicament sera vendu cher. Il faut bien sûr approvisionner ses lignes et conditionner les médicaments. Pour cela il faut disposer d’une trésorerie suffisante pour acheter les matières premières et faire fonctionner les machines.

Les préparations sont ici des produits comme les autres. Aucune étude n’est faite et aucun organisme ne contrôle avant la mise sur le marché. C’est la loi de l’offre et de la demande. Les effets secondaires sont connus et si cela ne plaît pas au consommateur, il arrêtera d’acheter. J’ai fabriqué un médicament contre le rhume a 127$, dont les effets indésirables sont la narcolepsie et les troubles de la vue, ça vaut le coup non ? Le jeu aurait pu s’inspirer sur ce point d’un Tropico et partir à fond dans le côté cynique. On aurait par pu exemple imaginer acheter une commission pour fermer les yeux au risque d’avoir un procès plus tard, menacer les familles des victimes pour qu’elles ne parlent pas des effets secondaires, la routine quoi !

Big Pharma - arbre des technologiesL’appropriation du vivant, y’a que ça de vrai

On peut également envoyer des gentils explorateurs « découvrir » les ressources utilisées depuis des millénaires par des peuples autochtones sur lesquelles on va pouvoir se faire un max de fric. Il y a bien sûr un volet recherche et développement qui va permettre d’améliorer son exploitation, réduisant par exemple les effets secondaires ou permettant de faire des économies sur les frais de fonctionnement des machines. Il n’y a pas de temps morts, comme cela peut être le cas dans ce type de jeu. On ne reste pas longtemps sans rien faire à attendre que tel élément se construise ou que tel développement se termine.

La navigation ou la sélection des éléments, points qui ne sont pas toujours bien gérés sur console, se fait ici aisément. Trois modes de jeu sont disponibles. Outre la campagne, les parties personnalisées permettent de jouer selon non propres règles. Le mode bac à sable, où toutes les améliorations sont disponibles, offre des fonds illimités pour tester toutes les stratégies qui nous passent par la tête.

Il y a également un petit côté puzzle-game. Les locaux ont parfois de formes alambiquées et la place est limitée. Il faut donc faire preuve d’inventivité pour faire tenir les lignes de production les plus élaborées.  Le bémol c’est qu’on s’y perd un peu parfois quand on a plusieurs lignes dans une même pièce. Il faut également tenir compte du rythme des machines pour optimiser au maximum sa production. Les machines à fabriquer des gélules sont par exemple deux fois plus lentes que celles qui permettent de diluer la préparation. Si on veut qu’il n’y ait pas d’arrêt de ligne, il faut donc deux fois plus de machines à gélules.

 

Le goût d’un jeu moyen et un sentiment d’inachevé

Big Pharma me fait penser au pouvoir de l’argent et des lobbyistes sans foi ni loi. A son évocation, j’imaginais un univers complètement délirant dans la veine de Tropico où le n’importe quoi le dispute au ridicule. Le jeu de gestion avait par conséquent de fortes chances de me plaire. Le titre met en scène une entreprise sans scrupules dont le seul but est de faire de l’argent sur le dos de pauvres malades mais j’aurais préféré qu’il pousse beaucoup plus loin dans la satire.  La prise en main a quant à elle été difficile. Et que les choses soient claires, les menus auto-défilants ne sont pas une bonne idée dans un jeu qui demande une certaine réflexion. Mais tout n’est pas noir. La navigation entre les différents onglets disponibles est faite de façon intelligente. La bonne surprise tient dans l’aspect casse-tête que revêt la disposition des équipements et qui offre une dimension que l’on n’attendait pas forcément.

 

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle  Déficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonismeSons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

 

Conditions de test

Détails TVFull HDJeu fourni par l’éditeuroui
ConsoleXbox OneTemps passé sur le jeu6 heures
Niveau de difficultéN/AJeu terminéN/A

+ Les plus

  • Côté puzzle-game
  • Navigation intelligente

- Les moins

  • Prise en main difficile
  • Didacticiel trop touffu
  • Menus auto-déroulants
  • Pas assez de second degré

5

  1. Pétard. Je viens de lire ton test et je compatis. La pénibilité au travail hein ?!? 🙂 Pour une fois que c’est @Bibi qui se farci un test moisi 🙂

    • ^^ attends, j’en ai sous le coude, et ça arrive cette semaine (ce teasing !)

  2. Merci Niko! Ta compassion me touche.

    • Il donne envie… ou pas.

    • Pour la gestion, je me tournerai vers jurassic world qui sera dispo en milieu de mois

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