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Activision Blizzard : Les têtes continuent de tomber

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Alors que nous apprenions la semaine dernière les départs du président J. Allen Brack et de Jesse Meschuk, responsable des ressources humaines, les têtes semblent continuer à tomber. En pleine tourmente, la compagnie vient d’annoncer ce mercredi le départ de trois de ses cadres :

  • Luis Barriga qui dirigeait jusqu’ici le développement de Diablo 4.
  • Jonathan LeCraft Game Designer Senior sur World of Warcraft.
  • Jesse McCree Lead Level Designer sur World of Warcraft.

Des journalistes de Windows Central ont obtenu la confirmation d’un porte-parole de la société :

Blizzard confirme que Luis Barriga, Jesse McCree et Jonathan LeCraft ne font plus partie de l’entreprise. Nous avons déjà une liste complète de développeurs talentueux en place et de nouveaux dirigeants ont d’ores-et-déjà été affectés. Nous sommes confiants dans notre capacité à continuer de progresser et d’offrir des expériences incroyables à nos joueurs tout en allant de l’avant pour assurer un environnement de travail sûr et productif pour tous.

Même si aucune raison officielle n’a été donnée pour le moment, il est fort probable que ces départs soient en rapport avec les récentes allégations.
En effet, McCree et LeCraft font partie des personnes présentes sur la photo tristement célèbre de la « Cosby Suite ».

Une photographie et des captures d’écran qui en disent long

Photo cosby suite activision

McCree et LeCraft ne sont pas les seuls à figurer sur cette photo. On y trouve Alex Afrasiabi, déjà renvoyé de la société pour harcèlement mais aussi un dénommé Cory Stockton.
Ce dernier exerce encore en tant que Lead Content Designer sur World of Warcraft. Le nom de Stockton apparaît aussi dans des captures d’écrans controversées en rapport avec les récentes accusations. Il s’agirait d’échanges plutôt explicites entre certains accusés faisant référence à des événements ayant eu lieu dans la « Cosby Suite ».

Screenshot-Blizzard-Cosbysuite

Les autres personnes présentes sur ce cliché ne travaillent plus pour Blizzard. Cependant, ils continuent d’exercer dans l’industrie du jeu vidéo. Voici la liste :

  •  Greg Street qui dirige aujourd’hui le département créatif de League of Legends chez Riot Games.
  •  Paul Cazarez Level Designer chez Zenimax Online Studios.
  •  David Kozak directeur créatif chez Deviation Games.
  •  Josh Mosqueira designer chez Bonfire.

Street et Mosqueira ont tout deux présenté des excuses publiques en tentant maladroitement de s’expliquer. Cazarez et Kozak quand à eux ont préféré se murer dans le silence pour l’instant. La justice pourrait tout à fait envisager de les faire comparaître dans le cadre de procès à venir.

 

 

L’un des plus importants syndicats américain d’investisseurs monte au créneau

Mardi 10 août, soit la veille de ces « départs », la direction a reçu une lettre bien particulière. Le SOC Investment Group, l’un des syndicats les plus puissants des États-Unis, a souhaité signifier son mécontentement. Selon cette association les mesures prises par Activision Blizzard sont loin d’être suffisantes.
Le directeur exécutif du groupe, Dieter Waizenegger commence en déplorant le manque de réelle directive :

Aucun changement n’a été annoncé ou proposé pour modifier de quelque manière que ce soit le processus actuel de pourvoi des postes vacants au conseil d’administration ou à la haute direction.
Aucun changement n’a été annoncé en ce qui concerne la rémunération des dirigeants, que ce soit en ce qui concerne la récupération des rémunérations des dirigeants qui se sont livrés ou ont permis des pratiques abusives, ou pour aligner les dirigeants sur les objectifs d’équité promise par Kotick.

Waizenegger poursuit en critiquant fermement les choix des intervenants extérieurs choisis pour mener les enquêtes internes.

Le choix du cabinet Wilmer Hale pour réaliser l’audit est des plus médiocres et à plusieurs égards : cette firme a pour réputation de défendre les plus riches et ceux ayant de haute relation, mais elle n’a aucun antécédents en matière d’investigation sur des actes répréhensibles. L’enquêteur principal n’a pas d’expérience approfondie sur les enquêtes d’harcèlement et d’abus sur le lieu de travail, et la portée de l’enquête ne répond pas à l’ensemble des problèmes d’équité reconnus par M. Kotick.

La lettre se poursuit en demandant à Activision Blizzard de prendre les mesures suivantes :

Augmenter la diversité et l’équité du conseil d’administration en ajoutant une femme administratrice – de préférence une femme ayant des antécédents de défense des personnes et des communautés marginalisées – d’ici la fin 2021, en s’engageant à assurer l’équilibre entre les sexes au sein du conseil d’ici 2025 et en réservant au moins un siège au conseil d’administration pour un candidat choisi par les employés actuels comme leur représentant.

Récupérer les primes des dirigeants qui se sont livrés ou permis un comportement abusif. N’attribuez aucune prime pour 2021 et conditionniez l’attribution des futures primes à la réalisation par l’entreprise d’étapes clairement définies et vérifiées de manière indépendante en matière de diversité et d’équité.

Entreprendre un audit concernant l’équité à l’échelle de l’entreprise, similaire aux objectifs des audits d’équité raciale réalisés chez Facebook, Air B&B, Starbucks et BlackRock. Cela devra englober l’ensemble des préoccupations (y compris les inégalités enracinées dans les genres, l’identité des genres, les sexualités et les races) articulés par M. Kotick, les employés d’Activision Blizzard et les clients, notamment sur les problèmes d’équité et de représentation dans la conception de jeux, le processus de développement, dans les forums d’utilisateurs et les paramètres similaires.

Le directeur du groupe conclut en insistant sur le caractère impérieux des exigences du groupe :

À ce stade critique de l’histoire d’Activision Blizzard, nous vous exhortons, ainsi que le conseil d’administration, à aller au-delà de la réponse inadéquate de la direction et à prendre les mesures nécessaires pour protéger notre investissement des risques financiers, opérationnels et de réputation qui sont apparus au cours de la semaine dernière.

Le ton est donc à la défiance et Kotick aurait tout intérêt à écouter attentivement les exigences de Waizenegger. Car le SOC est bien plus qu’un influent syndicat, il est aussi un actionnaire d’Activision des plus redoutables. Il serait étonnant que les récents départs suffisent à apaiser la grogne qui semble monter un peu plus chaque jour aussi bien du côté des employés que des actionnaires.

 

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