Test – Retro Machina, une mécanique bien huilée ?

Retro Machina est l’œuvre d’une petite équipe de développement brésilienne. En gestation depuis plusieurs années, il est finalement sorti en mai 2021. Et ce, malheureusement, un peu dans l’ombre. Mérite-t-il cette sentence ? C’est ce que nous allons voir tout de suite.

Trop (ro)beau pour être vrai

Dès le démarrage, Retro Machina est un régal pour les yeux. La patte graphique est très réussie, très propre, et elle dépeint une ambiance post-apo du plus bel effet. Les quelques cinématiques du titre se résument souvent à des artworks probablement dessinés à la main, qui apportent un charme indéniable à ce jeu d’action et réflexion.

Dans ce monde apparemment déserté par les humains, la nature reprend ses droits. N’allez pas chercher une intrigue développée, elle tient véritablement en deux lignes. On contrôle un robot qui s’enfuit de l’usine dans laquelle il était affecté. Malheureusement atteint de corruption, il part à la quête d’une machine miracle qui lui permettra d’être réparé.

Rien de très engageant, mais l’intrigue reste intéressante à suivre. Le titre regorge d’éléments à collecter. Si la moitié d’entre eux permettra d’améliorer son personnage, d’autres en dévoileront d’avantage sur l’univers dans lequel se déroule l’histoire. Qu’est-il arrivé ? Où sont les humains ? Des questions auxquelles vous trouverez des réponses tout au long de votre aventure.

“Mon mech à moi, il me parle d’aventures”

Le gameplay est assez basique. On attaque avec le bouton X, on esquive avec B. Plus tard dans le jeu, on débloquera la possibilité de planer en maintenant la touche A. Malheureusement, cette capacité pose problème. Il est en effet parfois délicat d’atterrir sur la terre ferme. À cause d’un problème de précision dû à l’absence de perspectives, on se retrouve à tomber dans l’eau et à perdre bêtement de la vie. Et c’est une chose assez précieuse car la difficulté est bien dosée : ni facile, ni trop difficile.

Grâce à la touche LB, il sera aussi possible de contrôler des robots hostiles, ce qui ouvre de nouvelles perspectives en termes d’énigmes. Car oui, Retro Machina en propose un bon nombre. Plus on progresse dans l’histoire, plus on trouve de nouveaux robots à contrôler qui offrent de nouvelles perspectives de gameplay. Malheureusement, certains passages deviennent, par la suite, plutôt lourds.

Je pense par exemple au robot-grenouille qui permet de déplacer des radeaux pouvant accueillir votre personnage. Si l’amphibien met déjà un certain temps pour aller d’un point A à un point B, devoir déplacer cette « embarcation » de fortune devient vite pénible, surtout lorsqu’on doit jongler entre plusieurs sous-fifres. Bref, l’idée d’ouvrir les possibilités de cette manière est une idée louable, mais elle aurait pu nous épargner certaines lourdeurs.

“Yé né souis pas oune machine !” (Misou-Mizou)

Si les graphismes du jeu sont remarquables, les musiques se font parfois un peu trop discrètes. Surtout qu’elle est loin d’être mauvaise, même si elle manque un peu de variété. Il est notable de préciser que l’intégralité des textes du jeu ont été traduits en français. C’est toujours appréciable lorsque cet effort est fait par des studios indépendants.

Pour boucler l’aventure, il vous faudra une dizaine d’heures. Un peu plus si vous partez à la chasse aux éléments à récupérer, ou si vous avez du mal à vous repérer (ce qui est très possible vu la carte parfois peu précise). Des allers-retours pénibles seront aussi de la partie, heureusement parfois atténués grâce à la présence de quelques téléporteurs. Une bonne durée de vie pour un jeu de cet acabit. Malheureusement, je trouve le tarif de 20 euros un poil élevé pour le contenu présent. Surtout qu’une fois l’histoire terminée, il n’y a pas vraiment d’intérêt à replonger. À part pour chasser les quelques easter-eggs, et encore.

Petit point pour les chasseurs de succès : une grosse majorité concerne la collecte. Certains objets sont bien cachés et peuvent nécessiter un guide. Attention de bien récupérer tous les objets du prologue car il sera ensuite impossible d’y retourner. Pour le reste des succès, ils sont liés à l’histoire. Bref, une liste peu convaincante qui manque clairement d’originalité.

Conclusion

Retro Machina est une agréable surprise. Ce jeu d’action et réflexion possède une très belle direction artistique. Il propose un élément de gameplay original et des éléments à collecter qui apportent quelque chose, même si l’histoire est maladroitement écrite. Si la durée de vie est à la hauteur, le titre souffre de problèmes de maniabilité, surtout au niveau de la perspective des décors. Enfin, son tarif un peu élevé risque de refroidir pas mal de monde. Mis à part ces défauts, il vaut quand même le détour.

Critères d’accessibilité

Déficience VisuelleDéficience Auditive
Contraste élevé (réticule de visée)Sous-titres avec indications d’ambiance
Taille couleur de police Identification de la personne qui parle
Marquage des ennemis Police personnalisable
Interface personnalisable Couleur de police personnalisable
Couleur minicarte personnalisable Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
Option daltonisme Sons ambiants signalés (informe sur présence)
Option Text to speech
Ralentissement du jeu

 

Conditions de test

Détails TV4KJeu fourni par l’éditeurNon
ConsoleXbox Series XTemps passé sur le jeu10 heures
Niveau de difficultéN/AJeu terminéOui

+ Les plus

  • Patte graphique réussie
  • Contrôle des robots ennemis
  • Des éléments à collecter utiles
  • Bonne durée de vie
  • Des easter-eggs amusants

- Les moins

  • Des lourdeurs parfois dans le gameplay
  • Carte parfois peu précise
  • Des soucis de perspective
  • Une écriture un brin maladroite
  • Les allers-retours
  • Un prix un peu trop élevé

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