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Test – Planet of Lana, l’odyssée de l’espoir

Planet of Lana, avec son duo attachant et marquant, nous livre une aventure intense en émotions. Les puzzles assez classiques ont comme principal attrait de mettre Lana ainsi que son allié et ami Mui à égalité de traitement. On sourit, on pleure, on s’inquiète, on s’attache, on frissonne, on vit avec eux cette quête impossible pour sauver les villageois enlevés par des machines. Les décors, dignes de tableaux de maîtres sont superbes et la musique parfaite, sachant même parfois se taire pour nous laisser profiter. Pendant ces quatre heures, j’ai aimé suivre Lana et Mui, assister à leur évidente complicité et les voir s’aider sans condition. J’ai aimé la profonde humanité qui en émane. Certains cyniques ou lucides verront Planet of Lana comme un joli puzzle-game gentillet, d’autres, les éternels enfants propices à l’émerveillement y verront une œuvre poétique qui fera date. Vous ferez partie des enthousiastes ? J’espère. 

La naïveté n’est pas un vilain défaut

Lana assiste impuissante au rapt de l’ensemble de son petit village de pêcheurs par des machines gigantesques. Pire, sa sœur Elo fait également partie des victimes. Une sœur qui venait de la consoler et la soutenir sur ce qu’on devine être la tombe de leurs parents. Que reste-t-il quand le monde s’effondre deux fois de suite alors que le robot kidnappeur vole déjà au loin avec une vitesse fabuleuse. Que reste-t-il quand le village, il y a un instant si vivant, si joyeux et vibrant ne laisse plus que le silence pour seul interlocuteur. Que reste-t-il ?

Planet of Lana apporte la réponse sans doute la plus naïve qui soit : l’espoir. Celui complètement vain et fou de rattraper ces fichues machines déjà si loin et de sauver sa sœur. Celui également de ne plus être du bétail, une ressource pour ces sortes de Moissonneurs. Celui de recouvrer une part d’humanité broyée par ces automates sans âme, froids et impitoyables. L’espoir, c’est ce qui différencie Planet of Lana des œuvres comme Inside et Limbo.

L’univers de Planet of Lana, la palette de couleurs employée – toujours douces, souvent chaudes – et la DA lumineuse tranchent aussi avec les deux jeux cités plus haut. De quoi garder un semblant d’optimisme pour les aventures de Lana, bien moins malsaines ou dérangeantes que celles de Limbo ou d’Inside. Il n’en reste pas moins que des scènes à fortes tensions et d’autres de vives émotions ponctuent cette courte odyssée profondément humaniste.

Oh, comme il est Muignon !?

Humaniste, carrément ? Oui. Lana va rencontrer sur son chemin une petite bestiole mignonne et attachante qui s’appelle Mui. Cette dernière va dans un premier temps sauver maintes fois Lana des machines qui hantent la forêt. Et ce que je trouve brillant, c’est que Mui n’est jamais réduit à un accessoire, à une ressource ou un être asservi au bon vouloir écrasant de Lana. Jamais. Leur relation est avant tout une alliance et une amitié. Jusqu’à montrer Mui comme l’égal de Lana. Car au-delà de la complicité évidente, leur fragilité compensée par leur agilité face à l’adversité les lient de manière évidente. Ce que l’un ne peut pas faire, l’autre le fait de bonne grâce car c’est comme ça qu’ils surmonteront les énigmes et ennemis sur leur chemin. J’ai été profondément touché par le traitement fait de ce duo qui va bien au delà du “oh il est trop mignon, Mui”

En effet, voir dans les premiers puzzles et autres ennemis à éviter, que Mui est le seul à prendre des risques mortels me faisait considérer Planet of Lana comme un énième jeu à puzzles. Certes magnifique, mais classique. Quelle erreur. Mais quelle erreur, balayée dans un second acte où c’est Mui qui est en situation d’extrême faiblesse. Et le message ici, certes pas des plus subtils mais simplement beau au demeurant, n’est pas d’écraser l’autre affaibli, de s’en débarrasser quand il apparaît inutile sur le moment. Le propos est plutôt de lui tendre la main, littéralement, pour l’aider à surmonter par exemple sa terreur de l’eau, mortelle pour ce pauvre Mui. Ainsi pendant tout un chapitre, c’est bien Lana qui brave les dangers, à faire des allers-retours pour aménager un passage pour son compagnon. Et moi derrière la manette, je le faisais aussi avec une motivation accrue. Je voulais voir ce duo réussir l’insensé.

Les bons contes font les bons amis

Vous l’aurez compris, Planet of Lana est un joli conte mais qui heureusement ne tombe pas dans la mièvrerie. Les personnages, comme dans Ico en son temps, parlent une langue inconnue que seule l’intonation permet de décrypter. Suffisant pour les rares dialogues ou les interactions entre le duo de choc. 

Joli est un peu faible. Je retire pour choisir un terme plus approprié : superbe. Les arrières plans ont des allures de tableaux aux couleurs réconfortantes malgré parfois le danger de mort qui plane sur la scène. La mise en scène participe aussi à faire de Planet of Lana une œuvre de pure poésie à des points clés de l’aventure. Quand la caméra s’éloigne pour nous laisser profiter de la course échevelée de Mui et de Lana soulagés de s’enfuir de la première zone, on se surprend à laisser son esprit divaguer, à se dire que demain peut bien se passer, que sauver le village est sans doute une entreprise au dessus de leur moyens mais peu importe. Ils n’ont rien mais ils ont l’essentiel. L’espoir.

Les musiques participent à faire de cette courte échappée sauvage de 4 heures une réussite. Douces, voir même absentes dans les moments calmes, elles savent se montrer grandioses ou tonitruantes dans les moments clés de tensions. Avec simplement un piano en fond sonore, le duo partage des moments de complicité provoquant tour à tour sourire ou larme. Planet of Lana nous livre d’ailleurs une dernière demi-heure très forte en émotions. Un grand-huit qui fera chavirer les joueurs à n’en point douter. Je vous ai dit que c’était un joli conte naïf, alors ça ne peut que bien se finir, n’est-ce pas ? Allons, gardez espoir.

J’ai apprécié :

  • Un très joli conte naïf et optimiste
  • La direction artistique de haut vol, épurée, inspirée
  • La mise en scène délicate, pour mieux nous amener à l’introspection parfois
  • Une aventure courte mais bien rythmée et sans ennui
  • Un dernière demi heure sidérante et tendue
  • Interface en français

J’ai moins aimé :

  • Les puzzles ne sont guère originaux pour la plupart

Critères d’accessibilité

  Déficience Visuelle   Déficience Auditive
✘ Contraste élevé (réticule de visée) ✘ Sous-titres avec indications d’ambiance
✘ Taille couleur de police ✘ Identification de la personne qui parle
✘ Marquage des ennemis ✘ Police personnalisable
✘ Interface personnalisable ✘ Couleur de police personnalisable
✘ Couleur minicarte personnalisable ✘ Options d’alerte alternatives (vibration, flash…)
✘ Option daltonisme ✘ Sons ambiants signalés (informe sur présence)
✘ Option Text to speech  
✘ Ralentissement du jeu  

Conditions de test

  Détails TV4K   Jeu fourni par l’éditeurOui
  ConsoleXbox Series X   Temps passé sur le jeu4 heures
  Niveau de difficultéNA   Jeu terminéoui
1 Comment

1 Comment

  1. bchristophe2

    22 mai 2023 at 14h54

    Merci pour le test Bibi, un jeu qui me bouleversera et bien d’autres à n’en pas douter

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